LES ETUDIANTS VIENNENT DE REJOINDRE LES FONCTIONNAIRES POUR LA GREVE DU 22 MARS !

LES ETUDIANTS VIENNENT DE REJOINDRE LES FONCTIONNAIRES ET LES CHEMINOTS POUR LA GREVE DU 22 MARS…!

Les étudiants et les lycéens seront présents le 22 mars prochain. Et seront dans le cortège des fonctionnaires et des cheminots, en greve contre la triste reforme de leur statut respectif. Cette jonction des jeunes et des salariés du public n’est pas pour nous surprendre. Depuis des mois, nous nous faisons l »echo de l’analyse d’Alain Badiou sur une jeunesse, demandeuse d’une offensive politique clairement anti-systeme (cf Les Inroks du 17 mai 2017). Comme le montre une enquête de l’INSEE publiée au mois d’octobre 2017, à peine 2 jeunes sur 10 (inscrits) à participe aux 4 scrutins 2017 : premier et second tour de la Présidentielle ; premier et second tour des Legislatives. Les jeunes n’ont aucune appétence pour les joutes parlementaires.

A bien des égards, la situation présente rappelle la mobilisation anti-Khomri, ou les jeunes avaient rejoint les bataillons de la CGT, pour se mobiliser contre ce texte scélérat. Avec une inventivité verbale dans leurs slogans, qui n’est plus à établir : « Regarde ta Roleix, c’est l’heure de la Revolte ». « Nos rêves sont trop grands pour rentrer dans vos urnes », « Pour ceux d’en haut des couilles en or, Pour ceux d’en bas, des nouilles d’abord ! « , etc. Chacun connaît bien ses classiques. On n’a pas oublié les manifs contre la réforme Dewaquet et la mort de Malik Oussekine en 1986. Ce jour là, Chirac avait perdu définitivement sa réélection de 1988. NOUS VIVONS UN MOMENT RARE, celui de l’alliance improbable de jeunes souvent issus des Classes moyennes, nouvellement venus à la Politique, croyant que « tout est possible ». Avec les classes populaires, ses éléments syndicaux les plus conscientises. Mais qui intègrent davantage le sens des limites. L’erreur d’appreciation serait de considérer cette venue des jeunes dans les bataillons salariés comme un événement « previsible », « allant de soi », « fastoche » comme disent les enfants. Alors que c’est tout le contraire.

Mais ce n’est pas tout. Les salariés d’Air France ont réussi leur grève jeudi : 50% des vols long courrier sont restés au sol. Et vont poursuivre leur mouvement, visant à obtenir des augmentations salariales. On assiste à un réveil des grèves catégorielles, colères à la fois minuscules et tetues : par exemple, les associations de lutte contre le compteur Linky très actives : proposant une lettre type à envoyer à EDF, de nombreuses informations, etc. Une colère qui infuse et joue à saute-mouton entre groupes sociaux concernés et non concernés. Mais créant autant de foyers multiples de mobilisation anti-macron, ce qui rend, pour le Pouvoir en place, le retour au calme d’autant plus difficile. Cette fois, il ne suffira pas d’acheter Martinez, de le couvrir d’or, comme dans la mobilisation anti-reforme du code du travail, pour acheter la paix sociale. Et faire croire aux bobos et aux gogos, grâce aux médias aux ordres, que Macron est une nouvelle Margareth Thatcher, dont la politique impitoyable à eu la peau des mineurs en greve. Arrachant hélas une défaite durable au mouvement ouvrier anglais.

Tous ces foyers de colère juxtaposés, dont certains seulement font la jonction, réinventent un nouvel espace des possibles. Et l’esquisse d’une nouvelle proposition politique avec laquelle l’etat doit tenir compte, forcément negocier. Comme écrit Alain Badiou, les militants de ces nouveaux foyers de colère « sont les pionniers d’une Histoire re-ouverte » (sic). « Quand l’Histoire se réveille, c’est le réveil qui importe, c’est lui qu’il faut saluer, ce sont ses conséquences rationnelles que l’Idee doit investir. Cela vaut pour soi-meme. Pour les résultats, nous verrons »

sources :Mediapart

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