EDF : la fin de l’histoire ?

Étude très intéressante…mais aussi très inquiétante pour l’avenir.

La Lettre « Géopolitique de l’Electricité » d’octobre 2018 présente une (courte) histoire d’EDF . Vous la trouverez jointe ou en ligne sur

 www.geopolitique-electricite.com ,   rubrique « Etudes ».

-1995 : EDF connait une apogée. Devenue le premier exportateur mondial d’électricité, sa situation financière s’améliore rapidement. Les tarifs d’électricité vont baisser de 15 % en quatre ans.

-2018 : Mise en concurrence, face à plusieurs dizaines de fournisseurs alternatifs, EDF perd cent mille clients chaque mois.

Pourquoi une telle dégradation de la situation ? Qui sont ces concurrents ? Comment parviennent-ils à faire reculer à cette cadence  l’opérateur historique ?

Au premier semestre 2018, deux tiers de l’électricité qu’ils ont vendue provenait du parc nucléaire d’EDF.

La loi française impose à EDF de vendre à ses concurrents de l’électricité issue de son parc nucléaire. Le prix fixé est sensé ne pas léser EDF tout en permettant aux nouveaux entrants de développer leur clientèle.

La balance penche-t-elle d’un côté ? Le comportement des fournisseurs alternatifs fournit la réponse : de nombreuses entreprises se sont découvert une vocation de vendeurs d’électricité. Elles se sont ruées sur le courant nucléaire, en achetant le maximum autorisé par le législateur et demandant même qu’il y en ait encore plus.

Leur motivation est simple : les prix de marché de l’électricité se situent durablement au-dessus du coût fixé du courant nucléaire qu’EDF doit leur livrer. 

Ainsi EDF subventionne ses concurrents de telle sorte qu’ils puissent mieux lui prendre des clients. Comment est-on parvenu à la situation où EDF est amenée à aider financièrement des entreprises  comme Total, Solvay et des électriciens étrangers à s’implanter sur le marché français de l’électricité ?

Elargissons le débat. La Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) , texte de base de la transition énergétique française en cours de révision , rédigée fin 2016, prévoyait une baisse sensible des factures d’électricité résidentielles entre 2016 et 2018. Nous attendons avec curiosité la nouvelle version .

Les déboires de l’EPR ont pris de court les dirigeants français. Pourtant la revue internationale du nucléaire civil , lue sur toute la planète, écrivit en son temps :  » L’annonce du retard de l’EPR de Flamanville n’a surpris personne dans l’industrie nucléaire [mondiale] ».

Il n’ y a pas de liens entre ces faits ? Ce n’est pas ce que montre notre (courte) histoire d’EDF.

La transition énergétique française a vraiment besoin d’une bonne gouvernance.

 

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